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Quand
le Pasteur broute, Que font les brebis ?
Vendredi
3 Janvier 1975 : Daho
Express, « l’organe de la Révolution » dans son
édition n° 1573 affiche en première page dans l’œil droit, une
citation du Président Mathieu KEREKOU : « Le GMR est
déterminé à frapper fort et juste tous ceux des mauvais citoyens
qui seront convaincus de détournements de deniers publics ou de
malversations »
Vendredi
5 Janvier 2001 :
L’histoire se répète, bégayant comme un disque rayé.
Dans son discours sur l’état de la Nation, le Président Mathieu
KEREKOU tempête à nouveau, du haut de la tribune de l’Assemblée
Nationale, s’adressant aux Députés, représentants élus du
peuple béninois : « (...) La corruption se régénère
constamment en intensité. Nous ne devons pas reculer devant le
monstre (...) Le temps de l’impunité est révolu »
Janvier
1975 -
Janvier 2001, 26 ans après, Le Président Mathieu
KEREKOU apparemment constant dans les déclarations d’intention,
tient toujours le même langage et réitère sa ferme volonté de
combattre la corruption, et soigne par la même occasion l’image
de l’homme intègre, combatif, armé d’un patriotisme sans égal.
Quelle
lecture pourrait-on alors faire des ‘’affaires’’ de
corruption plus crapuleuses les unes que les autres ? Des hold
up économiques opérés en plein jour, au vu et au su de tout le
monde, du pillage systématique de l’économie nationale, et des
actes de gangstérisme légal (sic) opérés au quotidien, à
tous les échelons, du sommet de l’Etat à la base, entretenus par une impunité
absolue. Le plus étonnant, est que toutes les personnes impliquées
dans les affaires de pillage économique sont toutes amies ou
proches ou partenaires politiques du Président Mathieu KEREKOU.
Comment
comprendre ce patriotisme patent du chef de l’Etat qui n’hésite
pas à protéger publiquement un homme présumé auteur du rachat
frauduleux de la SONACOP, Séfou FAGBOHOUN, en déclarant
publiquement qu’il
n’a rien volé, ou même s’il a
volé, il est béninois, alors que le rapport spécial de la
commission bancaire de vérification de l’UEMOA
et les ordres de virements irréguliers des fonds de la SONACOP sur
les comptes de la CPI
circulent sur les étals au marché, ce qui a permis à l’homme de
la rue de s’informer sur les moindres détails de cette affaire
scabreuse ?
Comment
comprendre cet homme qui a toujours à la bouche une profession de
foi, que ses comportements quotidiens démentent formellement ?
Il a l’art de choisir un entourage incompétent, mafieux,
qui, à chacun de ses passages à la tête de l’Etat, n’a
d’autre souci que l’enrichissement personnel éhonté, avec
comme corollaire immédiat le pillage des deniers publics. Tel un
caméléon, le Président Mathieu KEREKOU a toujours su se tirer
d’affaires, même si certaines d’entre elles, les plus grossières
comme l’affaire KOVACS, l’affaire
Cissé, l’affaire BETA, l’affaire SONACOP, etc. le rattrapent
inexorablement, et finiront par le compromettre et le confondre.
A
la fin de son premier règne de dix-sept années, plus de 100
milliards de francs CFA
(cours d’avant la dévaluation de 1994) s’étaient volatilisés des caisses des banques nationales pour atterrir
dans des poches pardon
les comptes personnels (les poches étant trop petites pour les
sommes volées). Et ces vols et détournements sont restés impunis
jusqu’à ce jour puisque Cissé le marabout-gourou de Kérékou I
a pu quitter la prison
sans « payer ». A sa sortie de prison, il passe sa vie
dans les luxueux hôtels des capitales européennes.
Mieux, les barons de l’ex-parti unique le PRPB
qui ont planifié et exécuté méthodiquement ce pillage officiel
de l’économie nationale, continuent d’être aux affaires. Ils
sont aujourd’hui aux premiers rangs du protocole et définitivement
adoubés comme bras droits officiels du Président Mathieu KEREKOU.
Ce qui n’empêche pas le Président-Pasteur Mathieu KEREKOU de
continuer à prêcher
l’évangile de la moralisation de la vie publique à son
peuple.
Drôle
d’intelligence des cadres béninois ou toujours le silence de la
faim ? Pourtant, il faut commencer par jeter le masque un jour
parce que le peuple béninois
et sa jeunesse valent mieux que ça.
Le risque est grand, mais prenons le quand même.
Et si nous commencions par le commencement -
c’est à dire l’affaire KOVACS-1ère du nom et
celles qui ont suivi – alors on pourra bien voir, que dis-je,
contempler les vraies couleurs du caméléon.
Tout au long de ce premier chapitre, vous pourrez redécouvrir
les nouvelles stratégies de pillage officiel des quelques sociétés
d’Etat restantes.
Rapport de la Commission de Vérification BCB-BBD-CNCA - Octobre
1989
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