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CREPUSCULE D’UN DICTATEUR

Dédicace

Remerciements

Préface

TITRES

1

Le Vol au rang des Vertus

2

L’avion Présidentiel de Kérékou

3

De la drogue en vrac !

4

Mensonges d’Etat

5

Du Quartier Latin Au Quartier Crétin

6

L’affaire SONACOP-2

7

HAMANI ne rime pas avec SONACOP

8

La fenêtre… comme porte de sortie

   
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Mensonges d’Etat

 

8 Février 1988 – 20h30, la télévision britannique ‘’Channel Four’’ dans son émission ‘’Dispatches’’ dénonce un contrat signé entre le gouvernement béninois et la société Sesco Gibraltar. Ce contrat également critiqué par  La Lettre Afrique Energiesdans sa livraison n° 122 a été conclu pour l’enfouissement de 50 millions de tonnes  de déchets toxiques au Bénin. La livraison devra se faire de façon progressive, à raison de 5 millions de tonnes par an pendant 10 ans.

Le réalisateur de l’émission John Longley diffuse dans son reportage une photographie d’une énorme fosse d’un kilomètre carré sur sept mètres de profondeur prise par le satellite Spot-1.  D’après le même reportage, cette fosse avait été localisée dans le sud-ouest d’Abomey aux envions de Akiza  et Saclo non loin de Bohicon dans le but de recevoir une partie des 50 millions de déchets conclus au contrat.

Le 18 mars 1988, le journal français ‘’Le Canard Enchaîné’’  sous la plume de Patrick Vautier, publie dans son style satirique un ‘’Avis de déchets’’ qui informe l’opinion publique que le fameux contrat a été signé par le gouvernement béninois le 12 janvier 1988 et se demande comment un contrat du genre signé en GuinéeBissau revenait à 40 dollars la tonne et que celui signé par le gouvernement de Mathieu Kérékou  mentionnait 2,5 dollars la tonne ?

Le 20 avril 1988,  ‘’La Lettre Afrique Energies’’ enfonce le clou en révélant la livraison au Bénin d’une cargaison de déchets nucléaires destinés à être enterrée à Saclo. Un premier chargement aurait été transporté du Havre à Cotonou sur le navire béninois ‘’Ganvié’’. Mieux, qu’un haut responsable béninois aurait affirmé que plusieurs tonnes  de déchets nucléaires avaient déjà été enterrées dans cette région de 1984 à 1986 par l’Union soviétique.  

Le 19 mai 1988, monsieur Nicéphore Soglo inspecteur  général des finances et ancien administrateur de la Banque Mondialeécrit également au président de la World Bank pour protester contre ce comportement des pays industrialisés qui mettent à profit les difficultés économiques que traversent les pays du Tiers-Monde pour transformer l’Afrique en dépotoir de leurs déchets toxiques et nucléaires.

En somme, dès que les personnalités politiques, la presse internationale  et les pays voisins ont été informés de la signature de ce contrat mortel par le gouvernement révolutionnaire, les réactions ont été bien vives. 

Du 24 au 28 mai 1988 s’est tenu à Addis-Abeba  le 24ème  sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA. Etaient présents  28 Chefs d’Etat et 2 Chefs de gouvernement.   Ce sommet a été qualifié de ‘’sommet de la vérité’’  et devrait se pencher pour l’essentiel sur une nouvelle dynamique à insuffler à l’Organisation Panafricaine à travers une analyse critique et approfondie du chemin parcouru depuis 1963.

Le président Mathieu Kérékou ‘’blessé’’ à travers les différentes publications portées contre son gouvernement sur l’affaire des déchets toxiques, profite de ce sommet pour démentir formellement les accusations portées contre lui et son gouvernement.  Dans son harangue du haut de la tribune de la respectable organisation, il vociféra :

« Qui n’a pas fait d’enquête n’a pas droit à la parole. Tel est le principe cardinal qui guide l’action de la Direction Nationale du Parti de la Révolution Populaire du Bénin et de l’Etat béninois. Depuis le 26 octobre 1972, date de déclenchement de la Révolution béninoise, démocratique et populaire, nous estimons en effet que nous faillirons à notre devoir si une mise au point n’était pas faite par nous devant l’instance suprême de notre organisation continentale, d’autant plus que ces derniers mois, une certaine presse en mal de sensationnalisme et spécialisée dans l’intoxication et la désinformation, dans le vil dessein d’exploiter à des fins bassement lucratives , l’opinion publique internationale, s’évertue à créditer la thèse selon laquelle, notre pays, la République Populaire du Bénin, a signé un contrat secret tantôt avec la France, tantôt avec une société dont elle se garde impudemment de citer le nom, contrat secret qui permettrait au partenaire de stocker des déchets nucléaires sur notre territoire national moyennant certains avantages financiers.

Nous aurions pu ne pas évoquer ici cette question dans la mesure où notre pays n’a pas été cité nommément dans la résolution 1153 de notre présent sommet.

Mais face à l’ambiance de suspicion provoquée en notre sein par cette vaste campagne d’intoxication et de désinformation, machiavéliquement orchestrée contre notre pays, nous tenons à souligner solennellement dans cette salle de l’Africa Hall, pétrie d’histoire, que le gouvernement de la République Populaire du Bénin a toujours respecté scrupuleusement ses engagements internationaux au sein, comme en dehors de l’OUA …’’

Un discours pathétique et particulièrement applaudi ; malheureusement, Mathieu Kérékou venait de mentir «solennellement dans cette salle de l’Africa Hall, pétrie d’histoire ». Son gouvernement avait bel et bien signé le 12 janvier 1988, un contrat de stockage de déchets toxiques au Bénin avec la société  Sesco- Gibraltar Limited.

La suite dans le livre « CREPUSCULE D’UN DICTATEUR »

   
   
   
 

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