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Dédicace

Remerciements

Préface

TITRES

   
1

Le Vol au rang des Vertus

2

L’avion Présidentiel de Kérékou

3

De la drogue en vrac !

4

Mensonges d’Etat

5

Du Quartier Latin Au Quartier Crétin

6

L’affaire SONACOP-2

7

HAMANI ne rime pas avec SONACOP

8

La fenêtre… comme porte de sortie

   

 

Préface

Treize années nous séparent aujourd’hui de l’historique Conférence nationale des forces vives. Treize années au cours desquelles notre expérience démocratique nous a menés de l’espoir le plus fervent à une amère désillusion.

Souvenez-vous, entre 1990 et 1996, nous étions « le Bénin du renouveau », « le Bénin, vitrine de la démocratie en Afrique », « le Bénin, pays modèle » …Et l’opinion nationale, sur le qui-vive, bruissait de mises en garde et d’appels à la vigilance : « Attention ! Nous n’avons pas le droit d’échouer » ; « Toute l’Afrique fonde son espoir sur la réussite de notre expérience » ; « Le monde entier nous regarde ». Un sursaut national nous permettait de tenir le cap : relever notre pays de la faillite politique, économique et sociale ; retrouver la fierté d’être béninois. Bien sûr, au cours de ces six premières années, tout n’allait pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais les valeurs morales servaient de repères jusque dans l’arène politique. Le pouvoir n’avait sans doute pas réussi à «faire rendre gorge aux fossoyeurs de l’économie nationale » mais il avait donné plus que la preuve de son engagement sincère et imposé un certain respect de la chose publique. L’affirmation de la nécessité d’une relation entre la politique et la morale offrait de belles perspectives à la démocratie béninoise mais avait aussi fatalement conduit Nicéphore Dieudonné Soglo  à perdre le pouvoir.

Mathieu Kérékou « remonta (donc) en haut » et, pour donner le change, plaçât solennellement son premier mandat « sous le signe de Dieu ». De 1996 à 2001, l’ambition démocratique qui subsistait encore s’érodait sous l’action conjuguée de la corruption, de l’impunité et de la fraude électorale. La démocratie semblait dès lors se résumer  à s’arranger pour gagner toutes les élections afin de se donner les moyens de faire ce que l’on veut, envers et contre tous. Progressivement, toutes les institutions de contre-pouvoir passaient sous le contrôle de l’exécutif, l’opposition était soumise aux manœuvres les plus machiavéliques visant à la réduire à  sa plus simple expression, la presse était de plus en plus largement instrumentalisée. L’objectif semblait ne plus être le développement et la fierté nationale, mais la réussite d’une minorité de courtisans, de margoulins et d’arrivistes prébendés. Ceux-ci prenaient ainsi leur revanche sur les intellectuels et les universitaires qui occupaient majoritairement le devant de la scène entre 1990 et 1996.

Depuis 2001, la situation s’est aggravée de manière dramatique au point que plus personne n’est désormais surpris d’entendre parler d’Etat mafieux ou d’Etat voyou. Nos hommes et femmes politiques ne se sentent plus vus. Ne comptent plus pour eux que le pouvoir et l’argent, étant entendu que la fin justifie les moyens. Les élections communales et municipales de 2002 ont révélé à ceux qui pouvaient encore en douter la réalité de la fraude électorale .Que dire du bâclage de ces élections qui n’ont pas été conduites à leur terme ? Que dire de la réticence de l’Etat à transférer aux nouvelles communes et municipalités les compétences ainsi que les moyens humains et financiers prévus par la loi ? Les législatives de 2003 sont venues enlever ce qui restait de sens aux élections, l’un des principaux partis de l’opposition ayant choisi, dès la proclamation des résultats, de rejoindre la mouvance présidentielle pourtant déjà majoritaire. L’affairisme règne en maître à tous les niveaux de la vie politique, administrative et économique. Le débat autour de la révision de la constitution en vue d’instituer une présidence à vie pour Kérékou  est  une autre preuve que nous ne vivons plus que dans une illusion démocratique…En attendant le jour où fatalement surgira un homme fort, au grand soulagement du peule berné, pour décréter la fin de la récréation. Voilà  où nous conduira, si nous n’y prenions garde, l’amnistie sans condition que la Conférence Nationale a accordée à Kérékou en 1990.

Tout se passe comme si les Béninois s’étaient toujours trompés sur la vraie personnalité de l’homme qui a présidé le plus longtemps à leur destinée depuis 1960. Et cela constitue la source principale de leur malheur. Janvier Yahouédéou revendique désormais pour eux « le droit de savoir ». Dans Les vraies couleurs du Caméléon (2002), il montre  que malgré les masques successifs qu’il a arborés au cours de sa longue carrière politique, Kérékou   est toujours resté égal à lui-même depuis la fameuse affaire Kovacs . Le présent volume, Crépuscule d’un dictateur, poursuit, dans la même perspective,  l’œuvre commencée, en établissant le lien entre le passé et le présent, entre une longue série d’affaires, depuis l’achat de l’avion présidentiel en 1987 jusqu’à l’affaire Hamani  Tidjani en 2003.Le lecteur découvrira que Kérékou I, II et III ne sont en réalité que les étapes d’un long chemin de croix dont les Béninois espèrent ardemment la fin pour bientôt.

Guy Ossito MIDIOHOUAN

Docteur ès Lettres, Critique littéraire

Professeur à l’Université d’Abomey-Calavi

   
   
   
 

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