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Dédicace

Remerciements

Préface

TITRES

   
1

Le Vol au rang des Vertus

2

L’avion Présidentiel de Kérékou

3

De la drogue en vrac !

4

Mensonges d’Etat

5

Du Quartier Latin Au Quartier Crétin

6

L’affaire SONACOP-2

7

HAMANI ne rime pas avec SONACOP

8

La fenêtre… comme porte de sortie

   

Remerciements

A son Excellence

Mathieu Kérékou , Président de la République du Bénin

 

Excellence Monsieur le Président,

Permettez-moi d’adresser ces quelques lignes à votre Haute Autorité en guise d’avant-propos. J’ai admiré votre attitude lors de la parution de mon livre « Les Vraies Couleurs du Caméléon ».  Malgré les nombreuses fiches qui vous sont parvenues et les divers conseils de vos thuriféraires qui se sont bousculés pour mieux se faire voir, pour vous recommander, presque tous mon arrestation, qui  pour crime de lèse-majesté, qui pour outrage à votre honneur, et  d’autres pour propos mensongers et diffamatoires, vous avez choisi le silence. J’ai dû me rendre à l’évidence de votre capacité à surmonter les passions.

Le souvenir et les mauvaises habitudes    -dont on sait qu’elles sont difficiles à perdre- liés à l’époque fonctionnelle de votre goulag, la tristement célèbre prison de tortures de Ségbana , aurait pu vous inciter à me faire  bâillonner.   Certains charognards tapis dans votre entourage n’attendaient qu’un signe de vous pour s’emparer de  ma personne, tels des carnassiers affamés et acharnés, pour me faire taire à jamais. Mais vous avez tenu. Je vous en suis reconnaissant.

Toutefois, après la longue campagne de dénigrement sur ma personne autant par votre ministre-griot que vos courtisans, dans le but de tordre le cou à la liberté de presse, c’est le processus de ma mise à mort lente qui est enclenché.  J’ai été tacitement et sournoisement interdit de marchés publics.

Cette stratégie consiste à user de moyens grossiers et peu orthodoxes que sont l’asphyxie économique, les inquisitions fiscales, la marginalisation, le sabotage technique, et les pressions de tous ordres. La suppression de marchés, c’est à dire la suppression de tout contrat ou apport financier direct ou indirect des ministères et  entreprises publiques et semi-publiques, quelle qu’en soit la forme au détriment d’une entreprise privée, appuyée par une dynamique d’alourdissement de charges qu’elle ne peut supporter (comme les redressements fiscaux par exemple), constitue un mécanisme d’un coloris sournois, macabre, méchant et anti-démocratique que l’on appelle simplement l’asphyxie économique d’une entreprise dans un pays démocratique.

Pourtant, je suis un Béninois à part entière. Le peuple béninois, mes collaborateurs, ma famille, et moi-même avons pleinement le droit de vivre heureux au Bénin.   Est-ce un crime que de ne pas avoir les mêmes perceptions du patriotisme que le chef de l’Etat ? Le droit à la différence est-il désormais banni des droits reconnus aux citoyens béninois sous votre règne ?

Excellence monsieur le président, trouvez-vous normal que vos 21 ministres délaissent des Peugeot 406 encore à l’état neuf pour des 607 (plus de 40 millions l’unité) alors que le Smic est à 27.500 Fcfa ?

Trouvez-vous normal que depuis 5 ans votre ministre de l’Intérieur Daniel Tawéma  circule à chacun de ses déplacements avec 4 véhicules de l’Etat alors que la police manque cruellement de moyens pour assurer la sécurité des contribuables et des populations ?

Trouvez-vous acceptable qu’un illettré fossoyeur de l’économie nationale depuis l’ère révolutionnaire s’accapare à zéro franc d’une société d’Etat comme la Sonacop alors que l’enseignant ne gagne que 2000 Fcfa comme prime de nuit   et le paysan se meurt parce que incapable de s’offrir les soins de santé élémentaires ?

Quelques mois après l’admiration dont vous avez été l’objet de ma part devant votre silence, c’est la déception qui a suivi. J’ai dû me rendre compte que votre silence activait ma lente destruction, plutôt que des arrestations ou représailles bruyantes,

L’asphyxie de mes entreprises, mon emprisonnement ou une mort accidentelle, ça m’est égal, car Excellence monsieur le président, tôt ou tard d’autres béninois, nés ou à naître, auront le courage de parler, de critiquer et de dénoncer afin de corriger les mœurs pour que vive le développement du Bénin.  C’est pour tout cela que je vous remercie ; je vous remercie au nom du peuple béninois pour m’avoir laissé la liberté de continuer de fouiller dans certains dossiers sales de notre histoire, pour informer les générations futures afin que la mémoire ne se perde. Car l'histoire est la rivière qui irrigue les mythes et  le compost qui fertilise les mémoires ; un peuple qui perd ses mémoires est un peuple amblyope  et un peuple qui ne connaît pas son histoire est un peuple aveugle qui finit par la faire bégayer avec les mêmes errements. 

Veuillez m’excuser,  monsieur le président, pour le ton réquisitoire de ce livre; Il  peut accessoirement vous permettre de revisiter votre passé qui est également le nôtre ; Vous pressentirez, Excellence monsieur le président, le présage du nouvel abîme dans lequel vos amis et courtisans s’apprêtent à nouveau à vous précipiter. En arrêtant de protéger les prédateurs de l’économie nationale, vous éviterez ce nouveau piège…peut être ! Car cette fois-ci c’est ce qu’on appellerait une véritable sortie politique par la fenêtre.

Veuillez croire, Excellence Monsieur le président, l’expression de mes sentiments les plus patriotiques.

 

Janvier Yahouédéou

   
   
   
 

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