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CREPUSCULE D’UN DICTATEUR

Dédicace

Remerciements

Préface

TITRES

1

Le Vol au rang des Vertus

2

L’avion Présidentiel de Kérékou

3

De la drogue en vrac !

4

Mensonges d’Etat

5

Du Quartier Latin Au Quartier Crétin

6

L’affaire SONACOP-2

7

HAMANI ne rime pas avec SONACOP

8

La fenêtre… comme porte de sortie

   
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Le Vol au rang des Vertus

 

28 Août 2003 – Il est environ 10h30. C’est le débarquement des militaires nigérians à Porto-Novo, Capitale administrative de la République du Bénin. Embarqués dans des véhicules aux couleurs du Nigeria et sur lesquels on pouvait lire « Fire for Fire », des centaines de militaires et policiers nigérians armés jusqu’aux dents débarquent et s’installent dans les locaux du Groupement sud de la Gendarmerie Nationale. Est-ce une invasion ? Non. C’est tout simplement dans le but de démanteler un puissant réseau de gangsters transfrontaliers, de rechercher des véhicules de grand luxe nigérians volés et revendus au Bénin. Ce réseau de malfrats est protégé par de hautes autorités judiciaires béninoises et de celles en charge de la sécurité. Le Chef de l’Etat nigérian Oluségun Obasanjo, qui n’avait donc plus grande confiance, ni en la police béninoise, ni en sa justice, s’appuie sur le fameux mémorandum conclu à Badagry  avec Mathieu Kérékou le 14 août 2003, pour exiger la présence de ses propres forces de sécurité sur le territoire  béninois aux fins d’opérations de contrôle, de patrouille, de perquisition et de recherche aussi bien des véhicules volés que du présumé cerveau de cette mafia transfrontalière, Hama Hamani Tidjani. En acceptant une telle présence militaire au Bénin, le chef de l’Etat venait de mettre en péril  la souveraineté et l’inviolabilité du territoire béninois contrairement aux dispositions de la constitution du Bénin.

Comment en est-on arrivé à ce degré de pourrissement et d’avilissement d’un Etat ?

           Troisième trimestre 1967. Le président français, le généralissime  Charles de Gaulle disait à Foccart son âme damnée: « Vous avez raison. Et en plus, on s’apercevrait qu’ils ne sont rien. Car figurez-vous, c’est la caractéristique de cette race qui produit quelques éléments qui font illusion. Même si le peuple noir était livré à lui-même dans un des  Etats de l’Amérique, il n’arriverait à rien et, très vite ce serait la dégringolade ».  

Tout africain se sentirait blessé dans son amour propre à la lecture d’une telle perception sur la race noire. Mais arrêtons de nous voiler la face. De Gaulle   a quelque part raison !  Après quarante trois ans d’indépendance le bilan africain est plus que catastrophique.   

Ces ‘’quelques éléments qui font illusion’’ sont plutôt légion : Mobutu Séssé Séko Kuku Ngbendu Waza Banga au Zaïre, Idi Amin Dada  en Ouganda, Sékou Touré en Guinée, Jean-Bedel Bokassa en CentrAfrique, Mathieu Chabi Tchaad Kérékou au Bénin, etc.

De Mobutu à Mathieu Kérékou en passant par Jean-Bedel Bokassa de « l’empire centrafricain » célèbre pour sa mégalomanie et sa cruauté, la plupart des chefs d’Etats africains ont un grand mérite en commun : conduire inexorablement le continent noir au naufrage.

Au moment où les  Chefs d’Etats occidentaux  luttent pour la recherche technologique, se concurrencent pour mieux cerner le cosmos, s’ingénient à laisser à la postérité une certaine valeur morale, les despotes africains rivalisent d’ardeur pour asseoir  les valeurs  immorales (vol, paresse, gangstérisme d’Etat…).

Le 20 mai 1976, dans un discours officiel, le président Mobutu déclarait : « Si vous désirez voler, volez un peu et intelligemment, d’une jolie manière. Si vous volez tant que vous deveniez riche en une seule nuit, on vous attrapera » Et lui même en a tellement volé que sa

fortune personnelle avoisinait 5 milliards de dollars US quand il a quitté la scène du pouvoir par la petite porte. Belle profession de foi qui fera bien des émules.

L’ex-dictateur béninois, Mathieu Kérékou, n’est pas bien loin ; dans l’une de ses déclarations en 1996, il annonçait  « Que ses ministres soient des  bandits ou des voleurs – peu importe – l’essentiel pour lui Mathieu Kérékou est qu’ils réalisent 50% de son programme ».

Le vol au sommet de l’Etat ne constitue donc pas pour Mathieu Kérékouun crime. Il l’a d’ailleurs démontré plus récemment -en 2003- en qualifiant lui-même ses ministres de voleurs, de filous, d’inconscients et de brigands, alors qu’il recevait son homologue nigérien, en mai 2003. Mais tenez-vous tranquilles ! Au remaniement ministériel qui a suivi cette déclaration, un mois plus tard, le 12 juin  tous ces ministres présumés voleurs ont été maintenus à leurs postes ! 

En 1996, le Bénin était classé 153ème au regard de l’IDH à la prise de pouvoir par Mathieu Kérékou. Après six ans de gestion mafieuse au sommet de l’Etat, de cupidité, de magouille, de corruption, et de pillage, son gouvernement a brillamment réussi à expédier le Bénin à la 159ème place en 2003, juste devant les pays sahéliens ou en guerre ;  159ème sur les 174 Pays du monde, c’est dire que le Bénin est redevenu l’un des pays les plus pauvres de la planète.

Le constat est éloquent ! Puisque Mathieu Kérékou  a la même approche que Mobutu pour oser hisser le vol au rang des vertus, le pillage économique du Bénin devient tacitement un mot d’ordre, un signal de ralliement.

Toutes les sociétés d’Etat tombent à nouveau en faillite les unes après les autres sous le regard incrédule de la population, à cause d’une élite politique dite ‘’de la mouvance présidentielle’’ plus soucieuse de son intérêt personnel que de son pays. 

La suite dans le livre « CREPUSCULE D’UN DICTATEUR »

   
   
   
 

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